Les raisons de la 2ème guerre punique

L'ÉVOLUTION STRUCTURELLE AU DEUXIÈME SIÈCLE AVANT JC

1 - Condition et caractères généraux

La deuxième guerre punique marque le début d'un processus évolutif qui va provoquer de profondes mutations dans la texture de la société et de l'État romain. Romain est devenu une puissance et ça implique une complexité nouvelle de la société mais ça entraîna une crise sociale et politique qui fit tomber Rome dans de graves conflits sociaux.

Ca résultait des conséquences de la deuxième guerre punique : déclin et prolétarisation de la paysannerie italienne, formation de grands domaines et utilisation d'esclaves. Les conséquences de l'expansion de la deuxième guerre punique ont une importance considérable pour le développement économique et social de la fin de la république. Les troupes romaines ont anéanti deux grandes puissances (Macédoine en 171-168 et Carthage 149-146) . Les territoires conquis furent incorporés comme provinces : Macédoine en 148. Ainsi elle put importer des produits agricoles en Italie ce qui rendait inutile la production de céréales, elle trouvait des masses illimitées de mains d'oeuvre à bon marché avec les prisonniers de guerre, elle avait des débouchés étendue et sans concurrence pour son artisanat et ça offrait des possibilités d'investissement. Tous ces facteurs nouveaux dans l'évolution économique conduisirent nécessairement à un bouleversement social.

C'est ainsi que se forma, depuis la deuxième guerre punique, un nouveau système social . Par sa diversité ce modèle était différent de celui de la société romaine archaïque. La situation sociale de l'individu résultait de la combinaison de différents facteurs tels que l'origine, la formation et l'activité politique, l'argent, la propriété foncière, l'ambition et l'habileté dans la mise à profit de la conjoncture économique.. La stratification sociale était fort complexe, le sommet de la société était formé de l'aristocratie sénatoriale avec ses privilèges dans la gestion politique. Cette aristocratie était fondée sur l'indépendance économique avec de grands domaines, l'expérience politique… Les chevaliers se constituèrent comme une seconde élite. Ils étaient en majorité de riches propriétaires terriens ou des hommes d'affaires (marchands, banquiers…)

Dans les nombreuses communautés d'Italie et de Provinces il y avait une couche supérieure locale qui se composait de propriétaire terriens et qui pouvaient être très différentes selon les régions et les villes. En Italie beaucoup de paysans avaient la citoyenneté romaine mais ils étaient menacés dans leur moyen d'existence et beaucoup affluaient vers Rome ou ils contribuaient à la formation d'une couche de prolétaire renforcés par les masses d'affranchis. La situation était de même très défavorable pour la multitude des Italiens et des populations provinciales, d'autant plus qu'ils n'arrivaient jamais à la citoyenneté romaine et qu'ils étaient exploités par leur maître et par l'État romain.

En raison de cette diversité profonde de nombreux conflits mûrirent avec des fronts de luttes entre les divers groupes sociaux défavorisés mais aussi entre des factions de la classe dirigeante. Ils n'étaient pas possible de résoudre la plupart de ces conflits par des solutions pacifiques et les tentatives pour arrêter l'évolution furent des échecs. La conséquence inévitable fut la crise de la société romaine avec des guerres civiles et des révoltes qui démoralisèrent la république.

2 - Les couches supérieures

L'aristocratie avait put développer sa position directrice avec les succès de Rome (Hannibal). Son prestige connut un fort accroissement et la haute opinion que les aristocrates avaient de leur ordre s'éleva aussi et la gloire de leur famille avait augmenté avec leurs exploits. La noblesse se sépara plus clairement de la masse des citoyens et ressembla toujours plus à un ordre, ce qui se marque par son nom « ordo senatorius ». Peu après la seconde guerre punique cette séparation se marqua de manière significative cars lors de jeux officiels ils eurent des places à part car il fallait être séparé des nouveaux riches avec l'ordre des chevaliers qui commençait à former un groupe social formé. Dans l'assemblée du peuple les sénateurs se retirent des centuries d'équites (noblesse équestre et sénateurs et au 2 siècle les chevaliers). Par ailleurs les chevaliers qui par les magistratures arrivaient au sénat, durent rendre le symbole de leur rang (cheval confié par l'État).

Les chevaliers riches pouvaient accéder aux magistratures inférieures ce qui signifiaient un renouvellement continuel de l'aristocratie par des personnalités montantes, ce qui était indispensable car de nombreuses familles sénatoriales s'éteignaient faute de descendant male, et les vieilles familles comme les cornelii devaient adopter ( Cornelius Scipio Aemilius le destructeur de Numance). Cependant les plus hautes charges étaient à peu près inaccessible pour les personnalités montantes (50% des sénateurs). Depuis la lex Villia annalis (180 av JC) la carrière des magistrats était uniformément réglée. Après les charges subalternes ils ne pouvaient atteindre la préture qu'à 38 ans et le consulat à 43 ans. Comme le nombre de postes élevés était limité, ceux qui exerçaient cette charge formaient le sommet de l'aristocratie sénatoriale. La nobilitas, groupe formé de ceux qui avaient exercés les charges les plus hautes et leurs descendants s'est formés avant la deuxième guerre punique mais ensuite elle se forma complètement. L'accès au consulat devint un privilège réservé aux membres de 25 familles qui défendirent leur position avec acharnement et tinrent éloignés du consulat les sénateurs ordinaires : la Nobilitas traite le consulat comme sa propriété (Salluste) tandis que l'homo novis quelles que fussent sa réputation étaient tenus pour indigne de cette charge et impur en raison de sa basse origine. Cette position dominante de certaines familles ( Cornelii, Claudii…) est dut à leur expérience et à leurs succès politique. La qualification que devait avoir un homme d'Etat pour la conduite d'opération militaires ne pouvait provenir que d'une formation dans les familles de la Nobilitas qui avaient de riches traditions. De plus ces fils de haute noblesse pouvaient grâce à leur clientèle et à leur soutien dans les provinces compter sur un soutien politique plus large. Ainsi s'affermit un système oligarchique.

La puissance économique de la noblesse s'accrut (surtout classes dirigeant) les généraux victorieux à Rome revenaient avec des quantités de trésor prit comme butin en échange de prisonniers par exemple. Cette fortune était principalement investie en propriété foncière et en Esclaves. Les familles les plus riches achetaient les terres des paysans ou elles se les appropriaient par des menaces ou la violence. En vain on essaya d'obtenir que personne n'occupa plus de 500 arpents du domaine publique (publius licinius crassus dives Mucianus consul en 131 av JC disposait de 1000 arpents). Même si on atteignait pas encore les niveaux de l'Empire. Le changement de la structure agraire était assez évidente..

Des propriétés et des autres bien on tirait le plus grand profit possible. Pour Marcus Porcius Caton le sénateur qui tenait pour un devoir sacré le service de l'État était idéale et dans la vie privé le plus important est l'accroissement de la fortune.

La réputation de la Nobilitas, sa solidarité en vue du maintien des intérêts du groupe oligarchique qu'elle formait et sa richesse croissante ne purent empêcher qu'éclatent des conflits qui, plus tard, devaient avoir des conséquences fort pénibles. Au deuxième siècle elle put maintenir la domination sans limites de quelques familles dirigeantes. L'oligarchie se privait de la possibilité de donner à son cercle des forces nouvelles avec l'admission d'hommes de valeurs même si ces derniers étaient prêts à accepter les idées et les intérêts de la couche dirigeante et à défendre cette dernière. Cette séparation de la nobilitas par rapport aux autres sénateurs conduisit au mécontentement de nombreuses familles montantes et économiquement riches mais défavorisés au niveau politique. Les conflits n'éclataient pas seulement entre l'oligarchie et les autres cercles sénatoriaux mais aussi à l'intérieur de l'oligarchie. Les facteurs qui depuis la deuxième guerre punique renforçaient la puissance politique de la nobilitas en face des autres groupes de la société créée en même temps des tensions à l'intérieur de la haute noblesse. Les rivalités et les conflits d'intérêts avaient toujours existés mais avant la deuxième guerre punique ils ne remettaient pas en cause le système aristocratique de la société romaine. Après la victoire sur Hannibal certains individus Nobiles prenaient de la prépondérance qui pouvait menacer le fondement du système oligarchique qui reposait sur l'égalité des lignages dirigeants (consulat répété des généraux…). On peut citer l'exemple des Scipions comme Scipion l'africain et qui en conflit avec les membres de son ordre. Autre exemple celui des Cornelii qui fournir 1/10 de tous les consuls romains après la victoire contre Hannibal et après la destruction de Carthage (familles les plus riches au 2 siècle avant jésus Christ). Ainsi on dessinait après la deuxième guerre punique une évolution dans l'oligarchie qui conduisait à l'élévation des personnalités marquantes de la noblesse et laissait présager que de telles personnalités ne s'identifient nullement de manières inconditionnelles aux opinions et aux intérêts de l'ordre

Ce n'est pas seulement dans les mains des membres de l'aristocratie que se concentrait la richesse. Les nouvelles possibilités qui s'ouvraient au commerce romain dans le bassin méditerranéen (mains d'oeuvre) conduisirent à un essor du commerce, des affaires, des finances qui entraîna la formation d'une couche sociale puissante et importante d'hommes d'affaires. Ces hommes commençaient à se grouper comme un ordo distinct. L'ordre équestre bien que ce processus n'est conduit à l'établissement effectif d'un Ordo equester au temps des gracques. Le pas décisif fut l'affaire de l'instauration de la règle qui voulait qu'en devenant sénateur les chevaliers rendent leur cheval (loi sur la restitution des chevaux de 129 av JC). Ce cheval symbolisait l'organisation d'un ordre distinct du sénat. Ensuite apparurent d'autres marquent qui contribuèrent au renforcement de cet ordre. L'anneau d'or, la bande de pourpre étroite (Angustus clavus) en opposition avec la large des sénateurs, et les places d'honneurs pour des manifestations officiels (Lex Roscia de 67 av JC)

ON pouvait déjà reconnaître l'importance de cette couche sociale dès la deuxième guerre punique avec des gens fortunés qui formaient des sociétés d'affaires qui se chargeaient de l'exécution des commandes publiques et des missions financières officielles (ravitaillement armée, réparation bâtiments ). Les hommes d'affaires étaient pour la plupart d'origine modestes mais il n'en est pas oins vrai que de grands propriétaires terriens continuaient à appartenir à l'ordre équestre. Pour Cicéron il comptait des pulicanii, des préteurs, des Négociatores qui sont des marchands, des agricolae qui sont des propriétaires de terres dont beaucoup provenaient des colonies. La formation et l'affermissement de cette couche sociale a conduit à des tensions dans la société romaine. Les parvenus qui n'aspiraient qu'au profit étaient souvent des aventuriers et explorateurs sans scrupules qui soulevaient la haine de la population et trompaient l'état. Leur pratiques étaient bien connues à Rome depuis la guerre contre Hannibal et les autorités durent sévir contre les empiétements des publicanii. Des actions de ce genre purent provoquer des conflits entre les sénateurs et les chevaliers mais la capacité active et économique des publicanii n'en n'est pas moins élever et leur empiétement n'était possible qu'à cause du régime oligarchique qui n'exerçait aucun systématique de l'économie romaine.

3 - Les couches inférieures, les Italiens, Les provinciaux

La plupart des commerçants de Rome et des autres villes n'appartenaient évidemment pas à la couche des riches hommes d'affaires qui prenaient à ferme les affaires de l'État. Au contraire ils formaient avec les artisans un groupe social important qui doit être compté parmi les rangs inférieurs et non comme un ordre moyen. La formation d'une importante couche artisanale à Rome et dans de nombreuses villes italiennes s'accomplissent au 2 siècle av JC avec l'essor économique dut au passage à la politique de plantation dans le secteur agraire et à l'importance accrut du commerce, de l'activité des hommes d'affaires et de la finance. Une partie au moins de ces artisans appartenaient à la large couche des affranchis dont le nombre à Rome et dans les autres villes d'Italie comme ailleurs le nombre d'esclave s'accrut considérablement depuis la deuxième guerre punique. Scipion Émilien à dit en 131 av JC a dit que la plèbe se composait principalement d'anciens esclaves qu'il avait amené à Rome comme prisonnier de guerre. Déjà après la victoire sur Hannibal il y avait tant d'affranchis à Rome à Rome que l'affranchissement dut être soumis à des règles précise en 177 avant JC il fut interdit s'il avait pour seul motif l'acquisition de la Citoyenneté romaine par l'ancien esclave. De nombreux anciens esclaves réussirent à mettre à profit les possibilités économiques et des villes et à acquérir de la fortune mais nombreuse ne purent trouver un gagne pain. Ils formèrent un prolétariat en haillons qui vivait dans des conditions déplorables mais souffrait aussi des prix élevés des vivres manquantes, et dut être secourus par des largesses qui étaient la part d'hommes puissant et qui procuraient aux donateurs une popularité assurés parmi les pauvres . La masse de ce prolétariat qui s'accrut ne se recrutait pas seulement parmi les affranchis mais surtout dans la paysannerie romaine qui avait perdu son moyen d'existence et qui fuyait à Rome et dans les villes.

La prolétarisation et l'appauvrissement de nombreux paysans furent au nombre des conséquences graves de la deuxième guerre punique et de l'expansion romaine qui suivit. Les guerres, surtout celle du deuxième siècle en Espagne la paysannerie fit de nombreux sacrifice et son affaiblissement se révèlent clairement en voyant les difficultés de recrutement de l'armée romaine. A cet affaiblissement de la population rural on ajoute le fait que les paysans qui survécurent de la guerre contre Hannibal ne furent pas en mesure de rétablir les bases économiques de la situation antérieure de la paysannerie dirigeante et moyenne. La fertilité des sols ne souffrit guère mais l'habitat et l'outillage était détruit et le bétail avait été abattu et la remise en charge exigeait l'investissement de capitaux que les paysans n'avaient pas. De leur coté les propriétaires fonciers faisaient tous ce qui était en leurs pouvoirs pour s'approprier les terres des paysans. Ils ne manquaient pas de mains d'oeuvre car en raison des guerres il y avait des masses d'esclaves bon marché qui pouvaient être exploités encore plus facilement que les ouvriers agricoles libres. Il est évident que toute l'Italie de façon différente connaissait des problèmes agricoles et l'ancienne recettes pour résoudre la question agraire c'est à dire l'établissement des personnes sans terres dans des colonies et l'assistance qu'on leur procurait n'était pas un remède et à partir du deuxième siècle avant JC elles n'étaient plus utilisées. Les paysans trouvaient leur subsistance en journalier dans le travail saisonnier chez les riches et leur sort était a peine meilleure que les esclaves. D'autres paysans confluaient vers les villes surtout vers Rome pour y vivre de travaux occasionnels et pour apporter leur appui à n'importe quel homme politique pour qu'il les aident. Cela a accrut le prolétariat de Rome jusqu'à un nombre très élevé. Pourtant l'importance ne résultait pas seulement dans sa force numérique mais dans sa force politique. Il s'agissait d'une masse populaire consciente de son sort et désireuse d'en changer. Étant donner son nombre et sa concentration dans la ville elle n'avait aucune difficulté de communication et était capable d'actions rapide par la possession de la citoyenneté romaine. Elle n'avait besoin que de chefs capables d'articuler clairement ses objectifs pour briser la résistance de la nobilitas et atteindre ces objectifs. Leurs chefs devaient obligatoirement être de la noblesse soit qui combattait la puissance oligarchique soit qui s'écartait de l'aristocratie et entrait en conflit avec leur groupe sociale.


Des conflits partiellement semblable se préparait entre les Socii et les détenteurs de la puissance à Rome. Les socii étaient ceux tenus à une aide militaire envers les romains et qui avaient versé leur sang dans des guerres continuelles du deuxième siècle avant JC mais ils étaient discriminés car ils étaient non Romains et ils n'avaient pas les droits politiques des romains et ne pouvaient pas compter sur la protection d'un prolétaire romain et en temps de guerre ils étaient défavorisés dans le partage du butin et les mesures disciplinaires qui accompagnaient le service militaire étaient sévère et humiliante. Au niveau économique la situation de la population italienne était meilleure dans les villes ou de nombreux gens pouvaient trouver leur subsistance comme artisans ou commerçants. En revanche la population rurale partageait souvent le sort des paysans romains. Les masses appauvris des paysans italiens affluèrent vers Rome en espérant une existence assurée grâce aux possibilités d'une grande ville.

De même comme les tensions entre Italiens et Romains, des tension éclatèrent dans les Provinces entrent les romains et les population indigène. Au cours des guerres de conquêtes, les habitants d'Espagne, De Macédoine, D'Asie mineure…avaient supporté une souffrance inimaginable quand les romains procédèrent à des brutalités exceptionnelles. Des villes comme Carthage furent rasées. Des masses de prisonniers furent massacrés ou vendues comme esclaves et certains échangés contre une rançon. Même en dehors des guerres la situation des provinciaux était catastrophique. Les gouverneurs qui appartenaient à l'aristocratie sénatoriale traitaient les provinces comme des réservoirs à exploiter en vue de dessins privés et souvent ils ne se comportaient pas moins brutalement que pour les guerres. La conséquence en fut les soulèvement des populations qui surtout en Espagne s'enflammèrent périodiquement. Ces soulèvements n'étaient pas des mouvements sociaux d'une couche homogène mais plutôt la couche sociale supérieure qui aspirait à l'indépendance politique ou du moins à la suppression d'une sujétion politique effréné. Les branches pauvres participaient à ce soulèvement car elles considéraient cela comme la seule possibilité de se défaire des problèmes sociaux.

La couche sociale qui se trouvait dans la plus mauvaise situation au 2 siècle avant JC était la masse des esclaves surtout à la campagne. L'importance de l'esclavage pour la société romaine s'accrut de manière considérable ans un temps fort cours après la deuxième guerre punique en raison de l'offre et la demande concernant cette main d'oeuvre rentable. Les grands propriétaires avaient besoin de masses d »'ouvriers variés pour leur domaine qui grandissaient et étaient convertis à l'économie de plantation. Comme la paysannerie avait subi de grosses pertes les esclaves se présentaient comme une solution adéquate en raison du fait qu'ils étaient dépourvus de droits, pouvaient être encore plus exploités, qu'il ne fallait pas les libérer pour le service militaire, et qui pouvaient être acquis en masse et à fort bas prix grâce à l'asservissement de prisonniers de guerre. A ces sources d'approvisionnement en non libres s'ajoutaient les naissances dans les familles d'esclaves. L'importance de l'esclavage s'accrut rapidement depuis le tournant du 3 ème au 2 ème siècle. Les esclaves apparaissaient dans les pièces de théâtres comme des figures appartenant naturellement au milieu romain ou ils exerçaient divers métiers. L'économie romaine les occupa dans ses différentes variétés même si le travail servile ne remplaçait pas complètement la main d'oeuvre libre. Sur les plantations des riches propriétaires terriens en Italie les esclaves accomplissaient une part considérable du travail de production. On peut citer l'exemple du domaine de Caton ou les esclaves étaient utilisés pour du travail artisanal et comme on le voit sur des cachets de céramiques il y avait dans les centres urbains parmi les artisans spécialisés des esclaves à coté des libres et des affranchis. Dans un tel système les patriarcaux de l'ancien esclavage romain devaient disparaître. Les esclaves en règle générale n'étaient plus intégrer dans la société familiale comme auparavant mais ils devinrent une couche sociale clairement séparée des autres par l'absence de droits de la pureté, de l'exploitation et la déconsidération. L'attitude de Caton vis à vis des esclaves était significative car il les comptait comme des biens meubles comme l'outillage. Mais la masse des esclaves était nullement homogène. Les esclaves urbains jouissaient d'une situation sociale plus favorable que ceux qui étaient dans les domaines ou les mines car leurs activité spécialisés empêchaient les traitements brutaux pour stimuler un meilleur rendement. Pour les esclaves des plantations et des mines il y a pratiquement aucun indice de traitement humain. Caton tenait ses esclaves dans une stricte discipline et il les faisaient fouetter. Dans les vignes ils devaient travailler enchaînés les uns aux autres . Aux esclaves malades il ne donnait qu'une ration diminuée et il vendait les esclaves devenus inapte au travail car il ne voulait pas entendre parler de leur affranchissement. Mais dans tous les domaines ruraux tous les esclaves n'étaient pas aussi mal traités car à l'intérieur de la couche servile il y avait une hiérarchie qui allait de l'intendant (vilicus) jusqu'au simple travailleur agricole enchaîné en passant par les surveillant et la mains d'oeuvre spécialisé. Mais au total le traitement des esclaves à la fin de la république était plus mauvais qu'il n'avait été avant et qu'il devait l'être plus tard dans l'histoire de rome.

L'exploitation effréné des troupes d'esclaves fut renouvellement constamment par les prisonniers de guerre et ça conduisit à des conflits dans lesquels les hommes les plus puissants et les plus forts de la société romaine et les masses les plus opprimés se dressèrent face à face. Caton était très attentif à semer la discorde entre les esclaves car leur union le plongeait dans l'angoisse. En raison de la forte organisation de l'état romain les possibilités de soulèvement contre le maître étaient limites pour les esclaves. La désobéissance était punie avec rigueur. Il était difficile de s'enfuir d'un domaine et cela réussissait rarement. Mais plus difficile encore était la révolte ouverte contre les propriétaires d'esclaves. Il y avait de toute façon des problèmes de communication et dans les villes ou les communications étaient meilleures la situation des esclaves était moins dure et ne donnait guère lieu à des révoltes ouvertes.

4 - Vers la crise

En regardant l'histoire des diverses couches de la société romaine entre la deuxième guerre punique et les Gracques il ressort que le rapide changement des structures économique et sociale pendant cette période ne provoqua pas seulement un bouleversement qui renforça certaines couches en affaiblit d'autres et en fit apparaîtras d'autres pour la première fois. Des bouleversements de l'histoire de chacune des couches sociales mit au jour ou renforça des tensions ou des conflits sociaux. L'appauvrissement des paysans romains et la formation de masses prolétaire à Rome se révèle être une autre occasion de conflits dangereux et en même temps un point de départ pour des tentatives de bouleversement auxquels elles fournissaient les masses nécessaires. Les tensions entrent les maîtres de Rome et leur alliés italiens compliquaient encore leur situation. Enfin la haine des masses serviles sur leur maître faisant peser une menace sur le système politique romain. Rome est certes devenu une puissance mondiale très rapidement mais son système social a subit de trop gros changement et une crise mûrissait et risquait de remettre en question les succès de Rome

La situation fut encore aggravé par le fait que la stratification de la société n'était pas suffisamment perméable. Certes pour les membres de quelques couches les possibilités de mobilité sociale étaient ouverte comme pour les esclaves affranchis et les affranchis qui pouvait s'élever à la couche des artisans et des chevaliers riches qui pouvaient recevoir des charges sénatoriales et entrer dans l'aristocratie sénatoriale mais cela ne signifiait en aucun cas que ces couches restaient à l'abri de conflits sociaux. On voit que ces couches qui ont connu une ascension se tenu calme dans des luttes après du deuxième siècle av. JC , par exemple les esclaves urbains qui ne se joignent pas habituellement au soulèvement servile de la campagne. On voit finalement que les possibilités de mobilité étaient exclusivement réservées aux sociétés urbaines et surtout aux couches qui pouvaient tirer profit de la production artisanale du commerce et de la finance . Par contre il y avait aucune perspective d'affranchissement pour les esclaves des domaines ruraux ni aucune perspective d'amélioration de leur condition d'existence . A tous cela s'ajoutait le fait que la Nobilitas refusait d'accorder aux sénateurs ordinaires et à l'homo novus l'accès aux plus hautes charges et ainsi à la réalité du pour.

Enfin la situation était entièrement nouvelle dans la mesure ou depuis le deuxième siècle av JC la société romaine ne disposait plus de liens solides qui auraient plus maintenir les couches sociales antagonistes. Cers liens étaient autrefois constitués par la stabilité du système politique qui pouvait garantir la domination et l'unité de la noblesse. Par ailleurs l'équilibre de la société romaine était antérieurement garanti par des règles qui se fondaient sur une religion et une éthique marqué du sceau d'une aristocratie consciente de ses traditions qui définissaient le comportement de la masse des citoyens. Mais depuis la deuxième guerre punique ces liens se sont relâchés et ils menaçaient de se rompre. Parallèlement cet ancien système politique à l'époque de l'expansion était anachronique. Ce qui continuait à exister était un système de domination et de gouvernement qui s'était développé sous un État cité et qui devait maintenant gérer un empire mondial. Par ailleurs les fondements spirituels de l'État romain subirent eux aussi un ébranlement toujours plus grand. Ce n'est pas seulement Hannibal mais aussi les Grecs qui exercèrent une vengeance tardive sur Rome dans la mesure ou l'influence spirituel de la Grèce devait conduire à la chute des anciennes règles. Les anciennes valeurs romaines concernant l'accomplissement du devoir, la loyauté, la justice, la générosité qui étaient né dans les conditions particulière d'un système archaïques devaient disparaître. Au même moment Rome rencontra dans les pays des idées philosophique et religieuses dont le contenu était en contradiction avec le Maus maiorum. Il ne signifiait plus rien pour la plupart des couches sociales de la société, comme par exemple les nouveaux riches dont la pensée était tournée vers le commerce ou les prolétaires qui étaient poussés au désespoir. Mais le plus dangereux c'est que cette philosophie atteignait aussi les aristocrates comme le cercle des Scipion.

Les conflits qui en leurs temps avaient préparé la fin du système sociale archaïque de Rome pouvaient avoir été résolus depuis les lois Licinienne par les mesure de réforme mais maintenant la situation était différente. L'expansion en méditerranée était source de tensions sociale au sein de la société romaine. Alors les intérêts communs de l'aristocratie et des divers groupe de la plèbe engendrèrent une ouverture aux réformes des cercles dirigeants. Mais aucun efforts ne fut fait en vue de la solution de graves problèmes sociaux tels que l'amélioration du sort des esclaves ou l'intégration des Italiens dans le système politique car cela aurait été en contradiction avec les intérêts des couches dirigeantes de Rome. La lex Villa Annalis voulaient par l'organisation du cursus sénatorial empêcher que se renouvelle l'élévation trop rapide de certaines personnalités exceptionnelle de l'oligarchie. Au deuxième siècle une seule loi avant le mouvement des Gracques eut des conséquences de grande porté sans les avoir voulu. C'est la lex Calpurnia en 149 av JC qui institua une commission permanente pour enquêter sur les excès des magistrats romains et protéger la population provinciale.

CONCLUSION

Ainsi la société romaine se dirigeait vers une crise qui ne devait être résolu que par la force. Mais cette intervention de la force se produisit selon les lois propres qui résultaient de la structure de la crise. Cette structure conduisit à ce qu'elle se manifesta par une série de conflits sanglants de nature sociale et politique qui se développèrent parallèlement mais qui ne se combinèrent pas de prime à bord. Ils eurent pour effet d'anéantir les cadres politiques vieillit du système social c'est à dire la république mais ils ne firent que corriger sans la changer dans ses fondements la texture sociale. Les guerres serviles furent de véritable mouvement sociaux mais elles cherchaient à atteindre des objectifs qui ne correspondaient aucunement aux intérêts d'autres couches défavorisés même pas ceux des esclaves urbains. C'est ainsi qu'elle fut condamnée à l'échec. Le seul soulèvement victorieux fut celui des Italiens contre Rome. Mais sons seul effet fut non de détruire la domination romaine mais de la renforcé par l'intégration des couches supérieures italiennes dans les ordres dirigeants de la société romaine. Les conflits décisifs furent plutôt menés entre des puissants entourés de partisans bien organisés et armés comme entre l'oligarchie et certains nobles qui avaient leurs propres objectifs politique et qui se présentaient comme porte-parole de la masse prolétarienne. Ces conflits avaient des chances de changer l'ordre social jusque dans ses fondements. Mais même les force de progrès n'aspiraient contre l'oligarchie qu'à des corrections du système social existant et non à sa suppression et l'objet des conflits armés qui suivirent s'écarta des problèmes sociaux pour poser la question de la puissance politique. Dans les guerres civiles qui en résultèrent se trouvèrent face à face non plus des couches ou des groupes sociaux mais les groupements politique et les armées régulières des divers hommes politique.


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