FRANCE, HAUTE-GARONNE, MONTMAURIN, VILLA GALLO-ROMAINE



France, Haute-Garonne, Montmaurin, Villa gallo-romaine

France, Haute-Garonne, Montmaurin, Villa gallo-romaine


La villa gallo-romaine de Montmaurin a été découverte en 1946 par Georges Fouet. Édifiée vers le milieu du Ier siècle, elle se serait développée jusqu'aux environs de 350 et aurait été remaniée au cours des IIIe et IVe siècles. Elle est l'une des plus vastes villas connues en France : ses bâtiments s'étendaient sur une superficie de 19 hectares. Elle ne comptait pas moins de 200 pièces, qui jouissaient d'un certain confort. Décorées de marbre ou de mosaïques, leurs fenêtres étaient vitrées et elles bénéficiaient d'un système de chauffage par le sol et de l'eau courante. Les fouilles ont permis de mettre à jour les vestiges du vestibule, du temple, du nymphée, de plusieurs cours et de nombreuses pièces d'habitation.

UNE VILLA GALLO-ROMAINE (MONTMAURIN)

Les vestiges de la villa gallo-romaine de Montmaurin constÈtuent l'ensemble le plus remarquable et le plus complet d'une « villa », c'est-à-dire d'une résidence agricole, qui comportait l'habitation du propriétaire d'un domaine et l'ensemble des bâtiments d'exploitation et des communs qui l'entouraient.
La villa de Montmaurin était d'une importance considérable (on estime que le domaine avait une superficie totale de 1000 à 1500 hectares) et les ruines exhumées qui appartiennent à la seule « villa urbana», la demeure du maître de céans, restituent l'aspect général d'un édifice qui occupait à lui seul plus d'un hectare et demi (au IVe siècle).
Les fouilles méthodiques qui ont été entreprises à partir de 1946 sous l'impulsion de G. Fouet, qui venait d'être nommé instituteur à Montmaurin, se sont poursuivies grâce à ses inlassables efforts jusqu'à leur aboutissement en 1961. Nous empruntons les principaux éléments de la description ci-après à la brochure de Georges Fouet « la Villa de Montmaurin», dont la lecture est le prélude nécessaire à toute visite fructueuse des fouilles.
Notre photographie en donne une belle vue d'ensemble. L'édifice que l'on voit ici du sud-ouest comprenait 5 parties, une cour d'entrée (1), une partie centrale d'habitation autour d'une cour intérieure rectangulaire (3), un appartement luxueux d'été précédé d'une autre cour surélevée (5), une aile « aile thermale» abritant des piscines froide et chaude (6) et un nymphée (7), belle piscine de plein air au milieu d'un espace vert, orné d'une galerie dont 16 colonnettes de marbre soutenaient la toiture, enfin les communs dont les grandes lignes seules ont été reconnues, qui occupaient un vaste espace autour d'une cour carrée limitée par le prolongement du mur de façade, le portique de la cour d'entrée, l'aile thermale et une aile extérieure. Cette dernière partie se trouvait donc sur la gauche des bâtiments encore visibles.
Le portail d'entrée, flanqué de deux salles symétriques, donnait accès à la cour d'honneur semi-circulaire, qui était bordée par deux portiques en arc de cercle dont les toitures étaient soutenues par des colonnes de marbre (les soubassements et des fragments de colonnes sont bien visibles). Dans la partie gauche, on voit les vestiges d'un temple hexagonal gaulois qui devait être le centre religieux de la villa.
Un long passage empierré conduisait de la porte d'entrée à la partie centrale d'habitation. On y parvenait par une salle de réception placée entre la cour en hémicycle et la cour intérieure (3) entourée d'un péristyle (4) sur lequel s'ouvraient les pièces principales.
Plus loin, dans l'axe de l'entrée, une partie surélevée à laquelle on accédait par quelques marches contenait l'habitation luxueuse que le propriétaire s'était réservée et qui constituait sans doute un appartement particulièrement adapté à la belle saison. Au-delà d'une dernière cour carrée (5) encadrée elle aussi d'un péristyle et flanquée de jardins en hémicycles entourés de portiques, étaient disposées les pièces les plus belles, les plus ornées, qui dominaient l'ensemble des constructions.
L'aile thermale offrait le même caractère de luxe et constituait une partie essentielle de la demeure. Naturellement les thermes, et certaines pièces d'habitation, étaient chauffés pur des hypocaustes, c'est-à- dire des fourneaux distribuant de l'air chaud par des conduites ménagées dans les murs des bâtiments et dont on a retrouvé les traces.
Les communs groupés autour d'une grande cour devaient servir de logement du personnel et abritaient les réserves considérables de nourriture, de bois de chauffage, de matières premières indispensables aux divers ateliers qui assuraient la vie et l'entretien du domaine. Les fouilles ont permis de retrouver d'importantes quantités de scories de fer, de tuiles, de briques, etc. et des ustensiles témoins d'une activité textile importante. Elles ont livré aussi de nombreux déchets de cuisine et permis de savoir que si les animaux (élevage et chasse) fournissaient une part appréciable de la nourriture (boeufs, veaux, moutons, chèvres, volaille) des habitants de Montmaurin, on y consommait aussi des coquillages et des huîtres qui furent longtemps une grande spécialité gauloise, tout particulièrement de la côte bordelaise qui exportait ses produits jusqu'à Rome. On pense que les « fruits de mer » étaient transportés dans des jarres remplies d'eau de mer et conservés dans des viviers que l'on a découverts (et où se trouvaient encore des coquillages).
Enfin, l'eau courante, fournie vraisemblablement par la Save toute proche, était distribuée dans la villa de Montmaurin. Cette belle construction, témoin d'une prospérité évidente, subit deux incendies au cours de la seconde moitié et vers la fin du IVe siècle. Le dernier, qui laissa l'édifice en ruines, entraîna son abandon et sa disparition.

Imprimeries de Bobigny - Dépôt légal 3e trimestre 1969







Montmaurin, Une villa gallo-romaine (2).jpg

Montmaurin, Une villa gallo-romaine, Plan.jpg

Retour