Petites infos sur les Celtes

GEOGRAPHIE CELTE

Les Celtes regardent l'Est
ont le Nord à gauche
ont le Sud à droite
ont l'Ouest derrière

Les classes sociales


A la fin du Ier siècle avant notre ère, les Romains ont conquis la Gaule. Ils construisent alors de solides routes en pierre. Leurs soldats, les légionnaires, peuvent ainsi se déplacer d'un point à un autre. Les marchands profitent aussi de ces routes. Ils y circulent à bord de chariots à deux ou quatre roues. Cependant, pour les transports de marchandises lourdes, sur de longues distances, ils préfèrent les voies d'eau.

LE COMMERCE

Grâce aux Grecs et aux Romains, les Gaulois ont commencé à utiliser les pièces de monnaie, qui facilitent les échanges. Puis ils ont eux-mêmes appris à en frapper.

Sur les routes du commerce

Entre la Méditerranée au sud, l'Atlantique et la Manche à l'ouest, et l'Europe du Nord, la Gaule est un pays carrefour... Comme l'est toujours la France d'aujourd'hui.
Le long des fleuves et des rivières, sur les chemins de terre qui suivent les vallées, des commerçants transportent de nombreux produits. Ici, des Grecs viennent échanger des poteries de qualité et des amphores remplies de vin contre des fourrures, des objets de métal, des tissus, des esclaves peut- être... Là, venant de Bretagne ou des îles Britanniques, des marchands acheminent l'étain du nord vers le sud. Ce métal, mélangé au cuivre, permettra d'obtenir le bronze, un alliage très résistant.

De nombreuses ressources

La Gaule possède aussi de grandes richesses naturelles. Le bois de ses forêts, par exemple, est très apprécié par les peuples de la Méditerranée. A cela s'ajoutent les produits de son élevage et de son agriculture.
La Gaule est également réputée pour la qualité du travail de ses artisans : drapiers, forgerons, menuisiers... Les Gaulois, par exemple, ont inventé le tonneau de bois. Il est beaucoup plus solide que l'amphore de terre cuite et sert à transporter aussi bien des liquides que des grains.
Ainsi, bien avant la conquête romaine du 1er siècle avant notre ère, les Gaulois sont déjà devenus d'habiles commerçants.

L'AGRICULTURE

Pour conserver leurs grains, les Gaulois les enferment dans des silos. Ils les creusent, les maçonnent, les remplissent et les ferment soigneusement.
Au temps des Gaulois, les cochons ressemblent encore beaucoup aux sangliers, leurs ancêtres sauvages. On mange surtout de la viande de porc et les charcutiers gaulois sont réputés.

Des agriculteurs inventifs

Charrue et soc, taureau, ruche, lande... Ces mots nous viennent des Gaulois. Ils nous rappellent l'importance de la vie paysanne à cette époque.
De nombreuses découvertes nous ont appris que les Gaulois sont d'excellents agriculteurs. Ils savent enrichir les terres qu'ils cultivent, ils utilisent de plus en plus de bons outils en fer, ils munissent leurs charrues d'un soc de métal pour mieux labourer le sol, ils améliorent la qualité des plantes... Ils tentent même de mettre au point une moissonneuse tout à fait originale. Poussée par un animal, elle porte des lames qui arrachent les épis ; ceux-ci tombent dans une caisse en bois.
La Gaule est donc une riche région agricole. Elle récolte suffisamment de blés pour nourrir ses habitants et même en exporter une partie, vers l'Italie notamment.

Avec les éleveurs

L'élevage, lui aussi, se développe. Chevaux, bovins, moutons, volailles, porcs sont gardés dans des encios ou élevés en semi-liberté. Ils fournissent de la viande, du lait, des peaux, des cuirs, de la laine. Voilà des matières premières pour les artisans et des ressources qui apportent aux paysans presque tout ce dont ils ont besoin pour vivre. En prévision de la mauvaise saison, ils conservent la viande en la salant ou la fumant et stockent le blé dans des silos creusés dans le sol.

La Gaule druidique

(source La Documentation par l'image, 1952)

Les Gaulois ont laissé peu de traces de leur civilisation :

quelques pierres gravées, des pièces de monnaie, ce sont les seuls témoins que nous puissions invoquer. Et nous devons en référer aux auteurs romains contemporains. Jules César - quoiqu'il puisse être souvent taxé de partialité - nous a fourni mille détails sur les moeurs des Gaulois.
La Gaule primitive était tout entière sous l'influence des Druides, influence qui se prolongea même après la conquête romaine.
Les Druides (ou hommes des chênes) étaient magistrats, instituteurs, médecins et savants autant que prêtres.
Aristote, et avant lui Pythagore, avaient rendu hommage aux Druides « les plus élevés de tous les hommes par l'esprit » (Pythagore).
La jeunesse la plus distinguée des Gaules se pressait dans leurs forêts pour les entendre. « Les Druides ne vont point à la guerre, et ne payent aucun des tributs imposés aux autres citoyens. Séduits par de si grands privilèges, beaucoup de Gaulois s'efforcent d'entrer dans cet ordre, mais il faut, pour cela, apprendre un grand nombre de vers, et il en est qui passent vingt années dans ce noviciat. Il n'est pas permis de confier ces vers à l'écriture, tandis que, dans la plupart des autres affaires publiques et privées, on se sert des lettres grecques. Il y a, ce me semble, deux raisons à cet usage : l'une est d'empêcher que leur science ne se répande dans le vulgaire ; et l'autre, que leurs disciples, se reposant sur l'écriture, ne négligent leur mémoire. Une croyance qu'ils cherchent surtout à établir, c'est que les âmes ne périssent point, et qu'après la mort elles passent d'un corps dans un autre ; croyance qui leur paraît singulièrement propre à inspirer le courage, en éloignant la crainte de la mort. Le mouvement des astres, l'immensité de l'univers, la grandeur de la terre, la nature des choses, la force et le pouvoir des dieux immortels : tels sont, en outre, les sujets de leurs discussions ; ils les transmettent à la jeunesse. » (J. César).
Voici quelques-uns de leurs aphorismes
« Il faut avoir grand soin de l'éducation des enfants. »
« L'argent prêté dans cette vie sera rendu dans l'autre. »
« Les amis qui se donnent la mort pour accompagner leurs amis les retrouveront dans l'autre monde. »
« Tous les pères de famille sont rois dans leurs maisons. »
On trouve affiliés à l'ordre des druides, des bardes, des devins et des prophétesses, Celles-ci, magiciennes redoutées, aimaient à vivre sur des écueils sauvages, battus par une mer orageuse. Les neuf druidesses de l'île de Sein, à la pointe occidentale de la Bretagne, passaient pour connaître l'avenir, et leurs paroles apaisaient, croyait-on, ou soulevaient les tempêtes.
Les ovates, ou devins, étaient chargés de toute la partie matérielle du culte. C'étaient eux qui cherchaient la révélation de l'avenir dans les entrailles de la victime et le vol des oiseaux. Un Gaulois n'accomplissait aucun acte important sans recourir à la science divinatoire de l'ovate. Telle est l'éternelle curiosité des peuples enfants.
Tant que le pouvoir des druides fut incontesté, les bardes furent les poètes sacrés appelés à toutes les cérémonies religieuses. Après que les chefs militaires se furent affranchis de la domination des prêtres, les bardes célébrèrent les puissants et les riches. De chantres des dieux et des héros, ils se firent les courtisans des hommes.
Ce sont les ancêtres des troubadours. ils sont à l'origine de la tradition parlée et des chansons de gestes.
Aux druides était encore attribuée la connaissance d'une partie des procès civils, les contestations sur la propriété foncière et les causes criminelles. La plus haute idée de leur justice était inculquée dans tous les esprits, et les historiens parlent de guerres et de luttes intestines arrêtées par leur influence et leurs sages négociations. Ils disposaient des mêmes peines qu'on trouve écrites dans la plupart des législations ; et d'un châtiment particulier par lequel ils réduisaient à l'obéissance jusqu'aux hommes revêtus des dignités publiques : c'était l'interdiction du sacrifice religieux, une véritable excommunication, châtiment d'une extrême gravité parmi les Gaulois, et qui faisait fuir par tous leurs concitoyens, comme étant des scélérats, ceux qui en étaient frappés.
« Chez toutes les nations gauloises, disaient les anciens, ces trois classes d'hommes sont honorées d'une considération singulière : les bardes chantent, avec les douces modulations de la lyre, les grandes actions des hommes illustres mises en vers héroïques ; les ovates, scrutant la nature, s'efforçant d'en découvrir les enchaînements et les sublimités ; les druides, qui sont les plus élévés par la science, sont voués à l'étude des choses abstraites et profondes. » (Lucien).
L'un des principaux artifices employés par les prêtres et les savants gaulois pour aider la mémoire de leurs adeptes, était de réduire leurs pensées en sentences, et d'encadrer chaque sentence dans trois vers liés par une même rime. C'est ce que nous pourrions appeler des tercets, et ce qu'on appelait tribanau en langue galloise. Le nombre trois jouait chez eux un grand rôle, et se retrouve dans la poésie aussi bien que dans la théologie et la politique. Ces couplets de trois vers sont tous uniformément construits, de telle façon que les deux premiers dépeignent quelque scène de la nature, tandis que le troisième se détache brusquement, pour offrir une réflexion morale.
Cette facture originale est en accord avec le peu qu'on sait de l'usage adopté par les druides et les bardes d'exprimer leurs pensées au moyen de petites branches de différents arbres, taillées, nouées, combinées suivant des rapports convenus, de manière à former tout un langage symbolique analogue au langage des fleurs employé par les Persans, ou bien à celui que les habitants primitifs du Pérou avaient imaginé de se faire avec des noeuds de rubans. Dans ses poèmes du sixième siècle, on lit, par exemple :
La pointe du chêne, l'amer rameau du frêne
Et la douce bruyère signifient rêve brisé,
Les joues ne cacheront point l'angoisse du coeur.
La pointe du noisetier, le troène d'égale longueur,
Liés par des feuilles de chêne, signifient
Heureux qui voit celui qu'il aime.

Ou encore, ce chant de guerre et de mort :
En avant, terrible coursier !
Bonne contenance dans la bataille;
Mieux vaut tuer que parlementer.
En avant, terrible coursier !
Elle était amère et sombre comme le rire de la mer,
La mêlée autour d'Urien au poignet vigoureux.
Je porte à mon côté la tête
De celui qui commandait l'attaque,
La tête d'Urien, fils de Kenvarch, qui vécut magnanime.
La tête que j'emporte du penchant de la montagne,
Elle a la bouche écumante de sang.
Malheur à celui qui l'a tuée !
Mon bras n'est point affaibli, mais j'ai Perdu le repos.
Mon coeur, ne te brises-tu pas ?
Celui-là m'a porté dont je porte la tête.

Ce sont les Druides qui savaient inculquer aux jeunes Gaulois cette bravoure, ce mépris de la mort et ce sens de l'honneur qui en firent une race fière et vaillante.
J.A.

La civilisalion de la Gaule indépendante

(source La Documentation par l'image, 1952)

La cabane

Un matin de l'année avant Jésus-Christ, Nann, jeune Gaulois de douze ans, vient de s'éveiller dans sa cabane ronde. II quitte sa couche de feuilles sèches et ouvre la petite fenêtre à volet de bois. Il est tout heureux car son père Gaviniath lui a permis de l'accompagner aujourd'hui à la ville voisine. Nann contemple les armes accrochées aux murs de terre sèche et de rondins.
« Ah ! Ah ! déjà réveillé, Nann », dit Gaviniath en se redressant sur son lit de peaux de bêtes. « Dépêchons-nous, car la route sera longue.»

L'habillement

Pendant qu'au centre de la cabane, la mère rallume le feu dont la fumée s'échappe par un trou percé dans le toit de chaume, nos voyageurs enfilent leurs larges braies qui leur descendent jusqu'aux chevilles ; ils serrent leurs blouses de couleur vive à la ceinture et chaussent leurs galoches à semelles de bois. Ils mangent rapidement quelques tranches de pain grossier, un peu de lard et de fromage. Le père boit un grand coup de cervoise (1), en disant : « C'est de l'hydromel (2) qu'il m'aurait fallu ce matin. »
Quand Nann a avalé son lait chaud, les deux hommes jettent sur leurs épaules leurs saies en lainage à carreaux rouges et verts. Le père passe sur ses cheveux de l'eau de chaux qui les teint en roux, se pare de son bracelet et de son collier, et sur sa cuisse droite attache à une chaîne sa longue et large épée en fer à deux tranchants.

Le village

Ils traversent le village. Les paysans libres et les esclaves se rendent aux champs, la houe sur l'épaule. Des porcs, des oies errent entre les huttes, des moutons vont à la pâture. A la sortie du village, ils passent devant la maison du noble qui commande les guerriers en temps de guerre. C'est une bâtisse rectangulaire qui comprend plusieurs pièces, couverte par un toit à double pente, et Nann regarde toujours avec crainte les têtes d'ennemis vaincus, clouées au-dessus de la porte.

Les cultures

Nann, qu'une longue marche n'effraie pas, bavarde sans cesse et, au passage, salue les voisins. L'un laboure avec une charrue à soc métallique, ayant coutre et versoir ; un autre herse. Plus loin, Nann aperçoit une belle charrue montée sur roues, et qu'ont inventée les Gaulois.
« Vois-tu, dit Gaviniath, le blé est levé ici ; souhaitons que Tarann, dieu de la Foudre, qui fait mûrir les moissons, nous soit favorable. Nous ferons encore de grands feux en son honneur (3). D'ailleurs, depuis que nous avons amendé nos terres avec la marne et la chaux (4), les récoltes sont meilleures ; nous n'en perdons rien car nous, nous coupons le blé à la faucille et non avec cette moissonneuse à dents de fer, montée sur roues, que des Gaulois ont inventée récemment.

La forêt

« Prions le dieu Teutatès, protecteur des voyageurs, car voici la forêt. » Ils s'enfoncent sous les grands arbres. Soudain, un sourd galop retentit. Gaviniath prend vite son fils sous le bras et, quittant le sentier, se cache dans un fourré.
« Un auroch, dit le père ; seuls, nous ne pouvons pas le combattre. » Nann, tremblant de peur, voit passer une énorme bête, sorte de taureau monstrueux et puissant.
- As-tu eu peur ? demande Gaviniath.
- Non, père, répond Nann. Tu m'as déjà appris à chasser le loup et le sanglier, et je sais qu'un Gaulois ne craint qu'une chose, c'est que le ciel ne lui tombe sur la tête (5).
- C'est bien, mon fils, mais sache que même si le ciel tombait, nous le soutiendrions avec nos lances.

La religion

« Tiens, vois ce bracelet accroché à cette branche basse, c'est un don qu'un voyageur a fait à Teutatès. Personne ne doit y toucher.»
Nann et son père marchent toujours d'un pas léger. Ils traversent un village de bûcherons établi dans une carrière. Bientôt, ils ont soif. Ils trouvent une source et s'y désaltèrent en remerciant le dieu des eaux, Borvo, de leur avoir procuré une eau aussi fraîche.
« Oh ! père, s'écrie Naun, regarde, du gui sur un chêne !
- Je le savais, répond Gaviniath ; c'est ici qu'aura lieu la fête du gui. Je t'y emmènerai. Au sixième jour de la lune, tu verras des druides en tunique rouge et en manteau de lin, blanc comme la neige, couper le gui sacré avec une faucille d'or. Pour apaiser nos dieux, on sacrifiera sous l'arbre des boeufs et aussi deux criminels : l'un sera égorgé, l'autre brûlé vif dans un mannequin d'osier. Après, nous ferons un grand repas et nous mangerons surtout de la viande.
- Oui, dit Nann, et il se terminera peut-être par une bataille, mais nous emporterons chacun un morceau de ce gui qui guérit tout.

Les druides

Nann est ému lorsque son père lui montre plus loin, dans une petite clairière, un groupe de jeunes nobles bien vêtus, écoutant les leçons d'un vieux druide.
« Voilà nos vrais chefs, dit Gaviniath. Respecte les druides, mon fils ; ils savent tout. Ce sont à la fois des prêtres, des professeurs et des juges. Ils ont étudié plus de vingt ans. Crains-les aussi, car ils sont tout puissants, et personne ne sait ce qu'ils font quand ils se réunissent, une fois par an, au pays des Carnutes,
Ils marchent encôre un moment, et rencontrent plusieurs troupeaux de cochons à moitié sauvages. Ils quittent enfin la forêt, et, du haut d'une colline, aperçoivent les murs de la ville. Le sentier s'élargit.

La ville

« Qu'ils sont hauts, s'écrie Nann, ces murs de pierres sèches.
Oui, dit le père, hauts et solides, car on a intercalé des rangées de troncs d'arbres. Si un ennemi attaquait notre tribu, c'est là que nous nous réfugierions avec nos bêtes et nos provisions. »
Ils entrent. Nann voit des huttes semblables à celles de son village, et quelques terrains vagues où l'on campe en temps de guerre. Il admire une chose merveilleuse : des maisons de pierre, sans fenêtre, à moitié enfouies dans le sol. Par leur porte basse, on aperçoit les artisans au travail. De la fumée s'échappe par les cheminées de bois.
Et Nann regarde comment on fabrique les armes, les bijoux d'or et d'argent, les poteries, parfois peintes de couleurs vives. Il aperçoit encore des seaux, des casseroles en bronze, et une invention gauloise : les fûts de bois. Il voit construire de grands chars à deux roues, et . d'autres qui en ont quatre.
Dans un autre quartier, Nann s'arrête devant des fabricants d'une autre invention gauloise : le savon.
Toujours heurtant des porcs, des chiens et des oies qui errent dans les rues étroites, il se rend dans le quartier des tisserands. Les couleurs des étoffes l'éblouissent, et plus encore celles des tapis de laine. Il s'émerveille devant un matelas de laine qu'on achève pour un noble. Gaviniath achète un soc de charrue, et offre à son fils, qui en devient rouge de plaisir, une saie jaune et verte, puis ils prennent le chemin du retour.

J. LE POEZAT-GUIGNER.

(1) Bière de même composition que la notre, le houblon eu moins.
(2) Mélange d'eau, de miel et d'orge fermentée.
(3) Nos feux de la Saint-Jean sont un vestige des feux gaulois du solstice d'été.
(4) Les Gaulois ont été les premiers connaître cette technique.
(5)

Bibliographie

La mythologie celtique (Y Brekilien, Marabout)
Comment vivaient les Celtes (Place Rabin, Nathan)
La religion des Celtes (De Uries, Payot)
Les Druides (Le Roux, Puf)
Les Gaulois (Grenier, Payot)
Les Celtes et la civilisation celtique (Markale, Payot)
Les Celtes (Kruka et Szabo, Hatier)
La Gaule (Ferdinand LOT)



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